Cette semaine, j’étais de bien bonne humeur et pour cause : après plus d’un mois de régime, j’ai enfin retrouvé mon poids idéal. J’étais donc tout à fait disposé à aller découvrir de nouveaux lieux et à draguer au passage. Première destination : le Banana Café. Situé au 13 rue de la Ferronerie dans le 1er arrondissement de Paris, ce bar-club est connu pour ses gogo dancers qui font le show le week end. J’arrive à l’entrée, l’accueil n’est pas très chaleureux. On me dit sèchement que je ne peux pas entrer avec mon sac, qu’il faut le déposer au vestiaire. 2 euros. Et alors que je m’apprête à entrer, libéré de mon « bagage », on me stoppe encore et on me dit « c’est 10 euros ». Avec conso, certes, mais je ne suis plus habitué à payer pour aller dans un bar gay. Ca avait intérêt à être bien.
Je pénètre à peine dans Le Banana café que je sens déjà la cruelle déception. Décoration « jungle de pacotille », musique house dépassée, boule à facettes, petites lucioles lumineuses, des tables, un comptoir, un fumoir. C’est assez classique. Mais surtout vient la question : « où sont les garçons ??? ». Il semblerait en effet que le lieu se soit considérablement « hétéroisé » (s’il fallait faire des pourcentages je dirais qu’il y avait 75 % d’hétéros et 25% d’homos). Il y a un petit sous-sol avec un autre bar, un mini espace pour danser, un deuxième fumoir. On se croirait un peu dans un club de Province, ça sent légèrement le piège à touriste. Je prends ma conso et attends désespérement les gogo dancers. Il n’y a pas foule et je m’ennuie déjà au bout de cinq minutes.
Les gogos arrivent et je ne peux m’empêcher de sourire. Difficile de faire plus cliché : mecs bodybuildés, même pas dotés d’une belle gueule, en simple maillot de bain moulant. Ils dansent sur les tables ou le comptoir sans aucune sensualité. On dirait des pantins. A défaut de rencontrer des clients, je me fais draguer par un barman qui m’offre un verre. J’apprécie le geste mais il n’est pas mon style de garçon (trop musclé). Je finis par déguerpir, bien dégoûté d’avoir perdu 12 euros. Pour une sortie gay je vous déconseille donc fortement Le Banana Café. Sinon, sachez qu’ils organisent bientôt une soirée « Camping 2 » (oui c’est en rapport avec le film) et il y aura même un concours de filles aux T-shirt mouillés. Tout est dit.
Je pars à la recherche d’un deuxième lieu et je me perds pendant une bonne heure dans les rue de Paris. J’échoue finalement au Mic Man, 24 rue Geoffroy Langevin dans le 4ème arrondissement. Un garçon dehors incite les gens à venir. Je suis à peine entré dans le bar que tout le monde me dévisage. Je suis (de très loin) le plus jeune, ils ont tous minimum 40 ans. Mais qu’est-ce que c’est que cet endroit ? Je me prends une bière et de suite je me retrouve entouré par trois hommes mûrs qui me demandent ce que je fais là. Je leur explique que je suis venu un peu par hasard. Ils me posent pleins de questions (tu t’appelles comment ? tu fais quoi dans la vie ? tu es célibataire ?) et je me plais à m’inventer un nouveau prénom, à me faire passer pour un étudiant en école de commerce, casé avec un gentil garçon qui m’attend chez moi. C’est quelque chose que j’aime bien faire quand je vais seul dans un bar : m’inventer une autre vie , un personnage. Il y a quelques semaines de ça j’étais retourné au Sun City et je m’étais fait passer pour un américain (je me faisais appeler James). Les mecs n’y avaient vu que du feu et je m’étais sacrément marré (un jeune homme m’avait lancé avec un accent frenchy déplorable « i want to suck you »). Bref…revenons-en au Mic Man.
Je n’ai jamais reçu autant de compliments en une soirée. Les hommes présents ne s’arrêtaient plus au point que je ne savais plus où me mettre (« tu es magnifique », « tu es trop bien pour cet endroit », « oh mais quels yeux tu as ! » – minuit était malheureusement passé et il n’y avait pas de prince charmant, juste des citrouilles). Un nouveau mec arrive et me demande si je veux visiter le sous-sol. Je me doute qu’il s’y passe un truc louche mais je dis ok. Le sous-sol est, sans surprise, un coin backroom (quelques cabines, coin pissotière, une télé avec films pornos). Désert à cette heure-ci (1h30 du mat’) , juste un mec bizarre qui lançait des regards éloquents. Mon guide essaie bien entendu l’air de rien de m’entrainer dans une cabine. Je lance « Non merci » et remonte.
Le Mic Man est assez petit, simple bar rectangulaire, déco un peu kitsch. La clientèle est une clientèle âgée et d’habitués. Pour un bar avec backroom, l’ambiance n’est pourtant pas glauque. Les gens parlent de tout et de rien et à l’exception de quelques excités, la majorité des personnes présentes semblent être ouvertes à des choses autres que sexuelles. Je ne me suis ainsi pas senti agressé. A noter au sol des coquilles de cacahuètes (les habitués adorent en manger en abondance). Après un brin de causette avec quelques clients (dont un qui a quand même tenté de prendre mon numéro) , je suis parti vers de nouveaux horizons.
Je termine ma soirée au Raidd Bar où je rencontre un sympathique norvégien fan de Lars Von Trier. On discute jusque 4h du mat’, il cherche des amis dans la capitale (il vient d’arriver), pourquoi pas ! A défaut d’emballer, les rencontres nocturnes se sont succédées.







