Infidèle (Adrian Lyne, 2002) : romantique trahison

Gaspard Granaud 15 août 2012 0
Infidèle (Adrian Lyne, 2002) : romantique trahison

Constance (Diane Lane) est mariée depuis 11 ans à Edward (Richard Gere). Ils ont un enfant, Charlie. Une vie paisible dans une petite banlieue américaine…Mais comme on commence à le savoir, la vie de femme au foyer dans ces demeures n’a rien de très épanouissant. Constance s’en contente jusqu’à ce qu’elle rencontre par hasard dans la rue un jeune homme fougueux, Paul (Olivier Martinez). Une rencontre tout ce qu’il y a de plus hollywoodien : le vent, le choc de deux personnes, les livres qui tombent…Constance accepte de monter chez Paul puis le revoit plus tard. Une liaison commence dans le dos d’Edward qui devient de plus en plus suspicieux. Les conséquences pourraient être fatales…

Remake très éloigné de La femme infidèle de Claude ChabrolInfidèle doit composer avec un scénario assez élémentaire. Une histoire de cocu, ça n’a plus vraiment rien d’original sur les écrans. Adrian Lyne y apporte sa vision un peu naïve mais sincère du couple. Une femme bien qui fait de vilaines choses et qui va en découvrir les conséquences. Le passage où Constance est dans le métro et où elle se remémore son après midi d’ébats donne le ton : dans le lit elle tremble, sur le chemin retour elle rit comme une gamine. Par l’adultère, elle renait. Elle reprend conscience de son corps. Mais cette renaissance avec un jeune éphèbe aussi romantique que chaud se traduit aussi par l’annonce potentielle d’une mort pour son couple avec le trop loyal Edward.

Dehors le vent fait des siennes, tout vole. Durant tout son long métrage, le réalisateur s’appuiera sur des gros plans d’objets pour montrer la montée du désir et la confusion qui envahissent les personnages. Il y a un côté hitchcockien, parfois vertigineux. On s’attache à tous les personnages. Alors, certes, comme par exemple dans Proposition Indécente, Adrian Lyne a un côté parfois trop sirupeux voire moralisateur sur le couple. Mais ici la pilule passe mieux car on a à l’œuvre un couple vraiment brisé, presque criminel au final, qui décide de tout pardonner même le pire. Si ses films se plaisent à montrer la perversité de chacun, la jouissance du pêché, Adrian Lyne n’en reste pas moins semble-t-il un véritable cœur d’artichaut. Infidèle est donc avant tout à réserver aux amateurs de films sur le couple et son usure, version grand public.

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