
Hall Baltimore (Val Kilmer), écrivain de romans de sorcellerie sur le déclin, se rend dans une petite bourgade américaine pour faire la promotion de son dernier bouquin. Via Skype, sa femme lui met la pression pour qu’il trouve vite une nouvelle histoire afin de demander une avance à son éditeur et éponger leurs dettes. Mais Hall passe plus de temps à boire qu’autre chose…Quand le sherif des environs, Bobby LaGrange (Bruce Dern) vient le voir pour lui montrer le cadavre d’une jeune fille retrouvée morte et lui raconter l’histoire d’une douzaine d’enfants assassinés, l’auteur est un peu sceptique. Puis il laisse sa curiosité prendre le dessus. LaGrange aimerait qu’ils écrivent ensemble sa nouvelle œuvre basée sur ces sordides évènements. Si Hall Baltimore ne se réjouit pas d’une pareille collaboration, les meurtres trouvent en lui une résonnance toute particulière (il a lui-même perdu sa petite fille). Se perdant entre rêves et réalités, le voilà qui déambule aux côtés d’Edgar Allan Poe dans un monde parallèle, un retour en arrière, sensé l’amener à découvrir la vérité sur la nouvelle jeune fille assassinée. Cette dernière, qui répond au nom de « V. » apparaît fréquemment dans les rêveries de Hall…Petit à petit, l’homme reconstruit un étrange puzzle entre réel, subconscient, jeunes enfants disparus et autres rebelles vampires…
Francis Ford Coppola continue son chemin, loin des grands studios américains. Après les excellents L’homme sans âge et Tetro, il nous entraîne dans un film à l’atmosphère toute particulière, convoquant parfois les fantômes d’une de ses plus grandes œuvres : Rusty James (Alden Ehrenreich en nouveau Motorcycle Boy : on valide !). Charme et ennui d’un petit bled américain… Son isolement ne semble pas faire le plus grand bien à Hall Baltimore, toujours traumatisé par la mort de sa fille et entretenant des rapports peu chaleureux avec sa femme. Le mystère du crime de V. et l’histoire des enfants assassinés vont lui permettre de s’évader, de tenter de trouver une issue à ses tourments, tout en menant une enquête surréaliste pouvant accessoirement résoudre ses problèmes financiers.
Coppola joue ici beaucoup avec les couleurs et, à l’image d’un scénario faussement limpide, il nous amène à nous égarer. Nous ne sommes pas seulement dans un univers fantastique, gothique : on est vraiment dans un étrange entre-deux, déclenchant quelque chose d’assez singulier au plus profond de nous. Les scènes de rêves, sur le fil, atteignent par moments une grâce peu commune. On a comme l’impression de se laisser envahir par la mélancolie, on ressent ce sentiment de perte, d’errance, alors que le temps, le monde, le réel semblent suspendus.
C’est un long-métrage à la beauté fragile, heureusement bien tenu par des acteurs tous excellents (Elle Fanning en particulier). Une horloge hantée, un accident de bâteau, des enfants baignant dans un gris annonçant le pire, une jeune fille accrochée à un rebelle vampire sur une moto : de belles images qui restent en tête alors que le divertissement est assuré. De quoi ressortir de là un peu hanté…
Film sorti le 11 avril 2012




Reconnais tout de même que l’on rit tout de même beaucoup (et que l’humour d’ailleurs est tout ce qu’il y a de plus volontaire). Kilmer essayant de se mettre au taf est absolument à se tordre (avec ou sans brume ^^)
Oui j’avais un peu occulté ce côté rigolo c’est vrai…
Ohlala il me tarde de revenir, j’ai envie de voir des films !!!