
Liza (Catherine Deneuve) est une jeune bourgeoise qui s’ennuie sur son yacht avec ses amis mondains. Alors elle fuit, elle part à la nage vers une île dont elle ne sait rien. C’est là qu’elle va faire la rencontre de Giorgio (Marcello Mastroianni), un homme qui s’est volontairement retiré du monde. Seul, au bord de l’eau, il apprécie une vie faite de liberté. Son seul compagnon est son chien, Melampo. Liza et lui vivent une liaison à priori éphémère : il y a du sexe mais Giorgio ne semble pas tenir à faire sa vie avec elle. Pourtant, après des premiers adieux, Liza reviendra sur l’île. C’est là que les choses vont basculer. Alors qu’elle fait une course dans l’eau avec Melampo le chien, Liza sans le vouloir provoque sa mort. Constatant la perte tragique que Giorgio doit affronter, Liza décide de prendre la place de Melampo dans son quotidien. C’est ainsi que Liza devient la chienne de Girogio. Obéissance, silence, fidélité : sera-t-elle à la hauteur ?
Produit en 1971, La cagna (Liza pour le titre international) est un film encore difficile à trouver pour le moment en France. Seulement disponible en import DVD, c’est dire. Il s’agit pourtant là d’une œuvre culte qui dispose d’un des scénarios les plus fous et les plus audacieux de toute l’histoire du cinéma. Imaginez Catherine Deneuve qui interprète un chien et vous aurez une idée de la jouissance extrême que procure ce long-métrage souvent surréaliste. Il faut la voir courir pour chercher le baton jeté par son maitre, lui lêcher les mains, boire dans une gamelle, pleurnicher comme une petite chienne ou grogner et mordre quand elle n’est pas contente. Quelle actrice de renom oserait faire ça aujourd’hui ? Catherine Deneuve n’a vraiment pas volé son statut de star incontournable du cinéma.
On pouvait craindre que passé l’idée de base, le charme du film s’estompe. Heureusement, il n’en est rien. Il s’agit là d’une œuvre très contemplative qui prône un retour à l’essentiel, qui dresse le portrait d’un homme et d’une femme qui sont en désaccord avec la société et ses codes. Dans leur relation toute particulière ils vont établir un lien unique, au-delà de l’amour et du désir. Marco Ferreri, le réalisateur, finalement sublime le rapport entre l’homme et l’animal ou tout simplement le caractère essentiel de notre animalité à tous. La cagna est l’histoire d’une rencontre en dehors des préjugés, libre, le récit de deux âmes qui se trouvent et osent alors affronter le monde. Culotté, un poil subversif (c’est le cas de le dire), pas dénué d’humour et franchement maitrisé : film culte.








