Batman, The dark knight rises (Christopher Nolan, 2012) : chaos à Gotham

Gaspard Granaud 17 août 2012 0
Batman, The dark knight rises (Christopher Nolan, 2012) : chaos à Gotham

Gotham City. Huit ans après la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, la ville est toujours en deuil. Une mort tragique dont Batman (Christian Bale)  a pris la responsabilité, désireux de cacher la « vraie face » du politicien corrompu et de donner de l’espoir au citoyen. Et cela a marché : huit ans que la criminalité est éradiquée de la ville. Mais les ténèbres refont surface avec l’arrivée de Bane (Tom Hardy), terroriste masqué impitoyable, qui s’est installé avec ses soldats sbires dans les égouts de la ville. Son objectif est aussi simple que terrible : plonger Ghotam dans le désespoir avant de faire exploser la ville par le biais d’une bombe nucléaire.  Egalement dans les parages, la voleuse intrépide Selina (Anne Hathaway) aux motivations floues. De quoi donner envie à Batman / Bruce Wayne, milliardaire reclus depuis la mort de son amour Rachel, de reprendre du service. Mais sera-t-il de taille cette fois ?

Après la grande réussite artistique, critique et publique de The dark knight, Christopher Nolan et son équipe reviennent pour un divertissement de près de trois heures. Comme l’opus qui l’a précédé, The dark knight rises impressionne par sa maîtrise aussi bien formelle que scénaristique, sa capacité à parler de l’Amérique, du monde, tout en menant de main de maître un film de super-héros étonnamment réaliste, truffé d’action. On ne voit pas le temps passer, on en prend plein les yeux, on se laisse sans mal fasciner par un univers à la fois proche de nous et fantastique.

Si la réflexion sur le bien et le mal est toujours de mise, ici nous sommes avant tout amenés à nous interroger sur l’importance de la justice, de l’ordre. L’horrible Bane (campé par un Tom Hardy masqué vraiment repoussant et effrayant) fait régner à Gotham un climat de chaos, d’anarchie. Il libère les criminels des prisons, condamne tous les individus riches ou puissants dans un tribunal glauque improvisé. « Ceux qui se font de l’argent sur le dos des autres » sont sadisés ou pendus. Bruce Wayne, milliardaire, se fait subtiliser sa fortune, la bande des méchants sème la terreur à la Bourse…Tout cela avant que le nucléaire ne se prédestine à tout anéantir. Moral et politique, redorant à sa façon le blason de la police, cet épisode rondement mené est bien ancré dans son époque, s’inspire des drames et des peurs du monde contemporain pour scotcher le spectateur à son fauteuil et l’amener à réfléchir.

L’action n’est pas en reste pour autant entre poursuites musclées et explosions vibrantes (notamment une destruction assez jouissive d’une arène et de la ville). Atmosphère chaotique, jeux sadiques d’un méchant charismatique : la tension est bien là. Manque peut-être l’effet de surprise du précédent chapitre, qui avait, par dessus le marché, une faculté plus grande à toucher à l’intime (ce qui manque un peu ici). Mais ce serait vraiment faire la fine bouche que de rester sur les quelques petits défauts de cette super production de luxe, qui peut compter sur un casting globalement solide (outre Tom Hardy, Anne Hattaway se révèle délicieuse en version éloignée de Catwoman, Joseph Gordon Levitt en jeune justicier fait des étincelles…). Pendant près de trois heures, Christopher Nolan nous entraine dans un autre monde, où tout semble plus grand, plus gros, plus fort, où les peurs sont décuplées et où l’obscurité est omniprésente. Divertissement sombre et universel à la fois au succès amplement mérité.

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