Ce mercredi 4 avril 2012, sur la petite scène de la Comédie des Trois Bornes, se produisait Stéphanie Pasterkamp pour son one woman show SUPERKAMP (co-écrit avec Laurent Cohen Coudar et mis en scène par Gwendoline Rethkegel). Le nom de cette jeune comédienne à la beauté évoquant Audrey Tautou ne vous est peut-être pas étranger : c’est elle qui jouait la fille de Gilbert Melki dans la série Kaboul Kitchen, dont la première saison a cartonné sur Canal + début 2012.
Stéphanie Pasterkamp fait son entrée, parfaitement mise en valeur dans une robe rouge pétant, et c’est parti pour 55 minutes de délire. Le personnage principal de ce spectacle porte le même nom que la comédienne. Mais comme son titre le laisse présager, nous découvrons ici une version déformée, complètement exagérée, outrancière, de cette dernière. Le but est ouvertement de se moquer aussi bien des actrices mégalos que des jeunes apprenties stars biberonnées à la télé-réalité. Et ici le texte est acide. Portée par une énergie pour le moins impressionnante, SUPERKAMP tourne en dérision et abuse avec gourmandise des plus grands clichés liés à la célébrité. Narcissisme exacerbé, superficialité permanente : l’héroïne adopte des enfants comme elle constituerait un élevage de chiots (elle les « achète dans une boutique »), trompe à la première occasion venue son compagnon (ce qui donne lieu à une scène particulièrement cruelle de mensonge), s’offre quelques piqures de Botox (très amusante scène durant laquelle, le visage à moitié endormi, Stéphanie doit faire face à un incendie dans sa maison mais préfère converser et fantasmer sur un pompier avec lequel elle est en ligne plutôt que de sauver ses enfants…). Cynisme, humour bien noir : la pièce explore quelques unes des pires facettes que l’on pourrait trouver chez une star. Mais pas que. Superkamp, si elle parle beaucoup de célébrité, se plait à rendre hommage à une figure récurrente du cinéma et de la télévision : celle de la garce.
Avec sa robe de femme fatale, le double fictionnel de Stéphanie Pasterkamp ne pense qu’à une chose : elle-même. Et pour satisfaire ses envies, elle se plait à manipuler tout le monde. Son nombrilisme, elle l’a visiblement hérité d’une mère hollandaise encore plus barrée qu’elle, que l’on découvre à moitié hystérique et regrettant d’avoir mis au monde sa progéniture (issue d’un « week end d’amour » avec Yves Montand), la privant de profiter pleinement des joies de la vie. Notre Superkamp, elle, profite à fond. Sa petite gloire (dont on ne saura jamais si elle est réelle ou fantasmée) l’amène à s’autoriser toutes les lubies et à se moquer de tous ceux qui l’entourent (un compagnon « qui ne joue pas dans la même catégorie » physiquement, une collègue en pleine déprime et ayant pris quelques kilos en trop…).
Si le personnage de la comédienne un brin écervelée et au melon bien développé constitue le fil rouge du spectacle, la vraie Stéphanie Pasterkamp se plait à passer d’un personnage à l’autre. L’occasion de prouver l’étendu de son talent comique : pathétique apprentie VIP, mère indigne, délicieusement absurde professeur d’expression corporelle dans un lycée malfamé (sans doute le passage le plus hilarant) : on passe avec une grande fluidité d’un personnage, d’un sketch à l’autre. C’est un spectacle très rythmé, porté par le débit irrésistiblement rapide de son interprète, dont le plaisir d’être sur scène se ressent à chaque seconde. Elle s’éclate.
Quelques accessoires, une petite chaise : il en faut peu à cette « Supergarce » pour séduire son public avec son humour vache et ses répliques grinçantes. Folie revendiquée, énergie peu commune dans l’interprétation : vous allez adorer détester ces personnages hauts en couleurs. Un super moment, forcément.
Prochaines dates : A la Comédie des Trois Bornes, le 24 avril et le 3 mai à 21h30 et les 22 et 29 mai à 20h15
A noter que SUPERKAMP est encore à la recherche d’un producteur. Avis aux dénicheurs de talents…




bonjour gaspard,c’est stéphanie, je suis ravie que mon one vous ai conquis!
merci pour cette belle critique:)
bise
stéphanie
Merci à vous , c’était super !!!!