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Disclosure : orgasme estival

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Une des révélations majeures du Midi Festival 2012 était à découvrir la nuit sur la plage de l’Almanarre. Deux jeunes garçons anglais (même pas 40 années au compteur à eux deux), blonds et plutôt discrets ont électrisé les festivaliers. Howard et Guy Lawrence sont frères et sont en train de devenir un véritable phénomène sur le web. Amoureux d’électro et de dubstep, n’attendez plus une minute : ces deux-là vont vite devenir vos nouveaux meilleurs amis.

Amoureux du titre Cmyk de James Blake, j’avais rêvé d’un album à la hauteur du single. Mais mon rêve s’était mué en déception. Finalement, c’est Disclosure qui concrétisera mes espoirs les plus fous. Musique électronique, synthéthique, dansante et mélancolique à la fois, croisant dance, hip-hop et pop. Les plus curieux avaient déjà pu repérer le talent précoce d’Howard (amoureux de la musique pop des années 1980) et de Guy (fana de hip-hop) au détour d’un EP, Offline Dexterity, où le morceau Street Light Chronicle procurait des sensations fortes. Beat envoûtant et déchirant, donnant malgré tout envie de danser, même si cacher ses possibles larmes de fin de soirée n’était pas aisé.

Début 2012, en janvier, Disclosure est définitivement passé à la vitesse supérieure avec le double single Tenderly / Flow. Un miracle. Tenderly nous laisse sans voix : c’est comme si les deux frangins avaient capté toute l’énergie et l’émotion de la pop la plus dansante des années 1980 et 1990. Impossible de résister , plus le morceau avance plus on a envie de s’abandonner sur n’importe quelle piste de danse. Les beats sont plutôt élementaires, le sample vocal est répétitif mais il y a une sorte d’incroyable magie qui fait que l’on ne peut plus se passer de cette musique et ce, dès la première écoute. Joueurs, les garçons commencent Flow avec une sorte d’état de latence, nous faisant presque gober que nous allons écouter quelque chose de plus calme et atmosphérique. Au bout de 45 secondes, le titre commence enfin et nous met au sol : évidence et orgasme. Ces mecs ne sont pas artistes mais sorciers : ils ont cette formule qui fait qu’on les laisse nous posséder à la première envolée. L’EP passe en boucle et en boucle, on finit par le connaître par cœur mais on en veut encore et encore. Dépendance.

Dernière sortie en date, l’EP The Face. Et c’est encore une claque. Taillé pour l’été, la chanson Boiling (feat. Sinead Harnett) enveloppe les cœurs, fait scintiller le monde, redonne au dancefloor son humanité. Ce n’est pas juste accrocheur, efficace : c’est beau. Le plaisir n’est pas coupable, l’enthousiasme déborde. What’s in your head joue davantage de la langueur et donne la sensation de se trémousser avec une étourdissante gueule de bois. Même sensation avec Control (feat. Ria Ritchie) où les fantômes hip-hop donnent le vertige alors qu’on sent le soleil sur nos têtes, prêt à nous rendre victimes d’hallucinations.

Egalement auteurs d’un remix hypnotique du morceau Running de Jessie Ware, Disclosure provoque sur Soundcloud et ailleurs un enthousiasme explosif fait de « Wow », « Love », « Instant love », « Dope », « Fat ». On aura jamais assez de superlatifs/qualificatifs pour évoquer ce son béni signé par deux petits génies qui ont transformé l’été 2012 en fête qu’on rêverait sans fin. Soundcloud de Disclosure.

Le seul et l'unique rédacteur de POP AND FILMS :)

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