Coups de coeur

« Du soleil dans mes yeux » : Nicolas Giraud nous fait chavirer avec son premier film

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Nicolas Giraud est un de ces acteurs français qu’on aimerait voir plus souvent au cinéma. Outre un énorme charme, il a une voix et un phrasé d’une singularité enivrante. Belle surprise que la sortie de son premier long-métrage en tant que réalisateur: « Du soleil dans mes yeux » nous fait juste complètement tomber amoureux du beau Giraud en plus d’être une oeuvre très sensible.

C’est l’histoire d’Irène (Clara Ponsot, filmé avec beaucoup de tendresse et de désir), une femme traumatisée suite à la mort de son compagnon. Un tragique accident de voiture lui a enlevé la vie, elle a perdu pied. Victime d’une lourde dépression, elle n’a pu continuer à élever son petit garçon Emile (Noah Benzaquen) qu’elle a confié à sa belle-mère, Nicole (Hélène Vincent). Aujourd’hui, Irène pense aller mieux et vient passer quelques jours chez cette sa belle-mère. Elle lui annonce qu’elle aimerait reprendre la garde d’Emile. Tout semble bien se passer jusqu’à ce qu’Irène rencontre par hasard Yann (Nicolas Giraud), un beau marin, doux, plein de charme, attentionné. Instantanément attirée par lui, elle en est bouleversée. Désirer à nouveau un homme la replonge face à son passé et ses démons. Sera-t-elle capable de s’accorder un nouveau départ ?

En apparence assez simple et doté d’une intrigue avant tout sentimentale, « Du soleil dans mes yeux » cache bien son jeu. Nicolas Giraud fait ressentir au spectateur tout un tas de sensations, d’émotions, de doutes et de questionnements. Et cela ne passe souvent pas par des mots. Incarnée par la belle et intense Clara Ponsot, Irène est un personnage ambivalent et magnétique à la fois. Elle est capable d’une infinie douceur maternelle, d’une puissance charnelle renversante comme elle peut subitement faire peur, témoigner d’une cruauté quasi monstrueuse. C’est qu’il y en a des choses qui implosent à l’intérieur d’elle. Le drame de la mort de son ancien compagnon, des rêves d’actrice envolés, la culpabilité de ne pas avoir réussi à être assez forte pour rester auprès de son fils, l’anxiété d’être une « mauvaise mère »…

Si ce personnage est au centre du film, Nicolas Giraud prend aussi le temps de nous faire adopter le regard des autres protagonistes. La douleur d’une séparation annoncée pour la mamie qui s’est forcément attaché au petit qu’elle a élevé / L’affection très forte et en même temps l’inquiétude du petit Emile vis à vis de sa mère et sa tendresse immédiate pour Yann, possible papa de substitution et figure de marin romantique /  Le coup de foudre de ce dernier pour Irène, l’envie de l’aimer, de faire fusionner leurs mondes mais aussi le déchirement de la voir se refermer brutalement à chaque fois…

Les personnages sont très beaux et en tant qu’acteur-réalisateur Nicolas Giraud apporte forcément un soin tout particulier à ses comédiens, tous magnifiés et touchants. La forme est ambitieuse, sous influence Nouvelle Vague. « Du soleil dans mes yeux » déploie une véritable atmosphère aussi bien par son cadrage, sa folle sensualité (les scènes d’intimité sont assez splendides) que par son travail immersif et poétique sur le son. Entre douleurs et caresses, le film nous fait chavirer et ,si comme pour tout premier long, il y a ici et là quelques maladresses, on succombe complètement au charme et à l’universalité de cette histoire. On n’a plus envie de quitter ce quatuor dont on s’est sévèrement entiché. Coup de coeur cinéma surprise du début d’année.

Film sorti le 11 avril 2018

LE CRUSH DU FILM

Nicolas Giraud, bien évidemment. Les cheveux gris lui vont à ravir : mais quel bel homme ! Il est parfait en marin affectueux et solaire. Et on avoue que sa façon de cajoler et embrasser Clara Ponsot nous a effectivement mis du soleil dans les yeux.

Le seul et l'unique rédacteur de POP AND FILMS :)

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