Guide Gay Paris

Guide Gay Paris – A la découverte du Sun City (sauna gay)

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Moralité de la semaine : ne jamais dire jamais. Dans ma petite tête, il était impossible qu’un jour je mette les pieds au Sun city, sauna gay très hot où les garçons se draguent simplement vêtus d’une serviette. Mais voilà qu’après une soirée bien arrosée, je me suis retrouvé dans la Rue Beaubourg, frappé par la curiosité. « C’est ce soir ou jamais ». Et c’est donc plutôt bien torché, tremblant un peu aussi, que je me suis retrouvé devant le 62 boulevard Sébastopol dans le 3ème arrondissement.

Qu’est-ce qui m’avait empêché d’y aller auparavant ? Première raison : le Sun City est juste à côté du Dépôt (sex club gay très connu à Paris), lieu de déchéance totale que j’avais testé une fois et qui m’avait traumatisé. C’était glauque, tout sauf excitant. Je me disais que le Sun City était une sorte de réplique à la sauce sauna. Deuxième raison : la difficulté d’assumer le côté cash de l’entreprise. Quand on entre au Sun city, on paie son entrée (quelque chose comme 13 euros avec conso) et on nous donne un petit bracelet-clé. Il faut direct aller aux vestiaires car c’est un lieu où on se balade obligatoirement à moitié à poil. Etant quelqu’un de très très très pudique (pour ne pas dire complexé par un éternel petit ventre) , je me voyais mal jouer le jeu. Mais l’alcool m’ayant pour le moins enlevé mes plus grandes inhibitions, je me sentais prêt à tenter le coup. On est des fois pris d’une envie de faire quelque chose de fou. Aussi con que ça puisse paraître, tester le Sun City c’était un peu pour moi comme sauter en parachute. Curieux de découvrir l’expérience mais un peu flippé aussi.

Je paie mon entrée, vais au sous-sol où se trouve le vestiaire et ses casiers. Nous sommes un soir de semaine et je suis surpris du nombre assez conséquent de garçons présents. On est direct plongés dans l’ambiance : des garçons se baladent en serviettes, serviettes qui en général tombent un peu, dévoilant les courbes plus ou moins avantageuses des « clients ». Je me déshabille, décide de faire mon petit joueur : je garde mon slip sous la serviette. Je mets le bracelet-clé autour de mon poignet et je cherche mon chemin.

Je monte au niveau +1. Je découvre un vaste labyrinthe. Il fait un peu sombre mais pas trop, de la musique house est déployée, probablement pour estomper les râles de plaisir de ceux qui se sont trouvés. Je suis surpris par l’ambiance détendue. Contrairement au Dépôt, il ne règne pas une atmosphère oppressante, glauque. Je me sens curieusement rassuré. L’endroit est qui plus est assez clean, bien entretenu, moderne. On a pas l’impression de se salir. Quand même un peu stressé, je me dirige vers le fumoir. Il n’y a pas grand monde dans ce petit carré où les gens fument et se scrutent. Je lance un regard vite fait, comprends très vite que personne ici présent ne me plait. Alors je baisse la tête et finis ma cigarette. Je commence mon aventure dans le labyrinthe. J’avoue que ça m’amuse beaucoup. On se croise, on se regarde, il faut bien gérer son temps. On a que quelques secondes pour essayer de voir le visage du mec qui croise notre chemin, de savoir s’il peut nous plaire ou non. Et il faut agir vite. Je me pose la question : « mais comment ça marche ? », comment montrer que quelqu’un me plait ? A plusieurs reprises, je tombe sur des garçons qui m’attirent mais je réagis trop tard. Alors que je me retourne, la proie a déjà disparue.

Est-ce l’alcool ? J’ai l’impression de naviguer dans mon subconscient, l’impression que cet endroit est une synthèse de la rencontre gay : les garçons passent, se frolent, disparaissent, il y a quelque chose de surréaliste. J’ai un peu peur de tomber sur quelqu’un que je connaitrais : j’ai tellement clamé que je n’irais jamais dans cet endroit que je passerais pour un bel hypocrite si on me prenait la main dans le sac…

Je ne me lasse pas de parcourir le labyrinthe, guidé par ce sentiment qu’à tout moment un garçon susceptible de me plaire pourra apparaître, surgir de l’obscurité. En regardant sur les côtés, il y a de quoi être perturbé quand on vient pour la première fois. Car outre les différents passages, il y a beaucoup de cabines de tailles variables. Petit espace carré ou rectangulaire (tout dépend à combien vous voulez vous amuser), pièce avec sling, mini sauna aménagé, espace clos ou ouvert (à vous de voir si vous voulez vous amuser dans l’intimité ou vous exhiber). Certaines cabines sont ouvertes et déjà occupées. Je suis surpris de découvrir un certain nombre de garçons, allongés sur le ventre, offrant leurs fesses au premier venu. Ils attendent juste qu’on vienne les saisir, peu importe la personne. J’avance, je me perds, je tombe sur un petit groupe de mecs en train de se masturber pendant qu’un trio s’exhibe aux yeux de tous. J’aurais presque besoin de me pincer pour me dire que tout ça existe. Nul doute que le Sun City est le paradis du gay célibataire excité, le temple du sexe désacralisé, là où les rapports deviennent une simple activité physique, un hobby. J’ai du mal à me concentrer, plusieurs fois je me retrouve nez à nez avec des mecs qui me plaisent bien mais j’ai le curieux réflexe de baisser la tête  et je les perds. Tout le monde disparaît…

Je décide d’aller explorer le sous-sol. Je découvre que tout près de l’espace vestiaire se trouve une piscine. Pas grand monde dedans. Il y a aussi des jacuzzis. Je prends ma conso, je suis encore nerveux, ça doit se voir que c’est la première fois que je viens. Je demande, un peu gêné, au serveur s’il y a un espace hammam. Il est juste en face du bar. J’entre dans le hammam, la chaleur, la vapeur, me font tousser. C’est la première fois que je teste un hammam, j’aime bien l’effet que ça fait, ça détend. Les gens se scrutent, essaient de se trouver au milieu de la vapeur trouble. Deux mecs s’approchent un peu maladroitement de moi. Plan à 3 ? Non, pas envie. Je pars. Un mec me témoigne son intérêt en m’attrapant directement par le sexe. Je ne peux m’empêcher de pousser un « oh ! » et je pars. En sortant, je tombe sur un groupe de cinq mecs en train de coucher et de se montrer. Je prends une petite douche et remonte au labyrinthe. Je remarque au passage qu’il y a aussi une salle de sport, inoccupée ce soir-là.

Le retour au labyrinthe est l’occasion de parler de la clientèle du lieu (du moins cette nuit-là). Majoritairement des trentenaires, pas mal de beaux garçons, de mecs très bien foutus, quelques mecs mignons ayant la vingtaine, un certain nombre de rebeus et aussi , forcément, des mecs qui ont dépassé la quarantaine ou qui affichent des formes peu avantageuses. Les couples éphémères qui se forment sont souvent surprenants : les corps frêles se mêlent aux corps plus fatigués. Il y a bien une clientèle d’habitués : alors que je me grille une nouvelle cigarette au fumoir, j’entends une bande de mecs commenter leur soirée. Un jeune américain très bien foutu, qu’on dirait sorti d’un film porno, a fait sensation. Tous ont essayé de le chopper sans succès. Et ils sont outrés car le bel américain roule des pelles goulues à un homme bedonnant qui affiche la cinquantaine.

Je retourne au cœur du labyrinthe, j’ai apparemment pris mes marques car j’oublie complètement que j’avance à moitié nu. Curieusement, ça fait du bien : on oublie ses complexes et on sait que si quelqu’un nous choisit, ce sera pour tout ce qu’on représente physiquement. Un mec typé iranien me suit. Je me retourne. On s’embrasse. Il est assez doux, sourit. Il m’entraine dans une petite cabine. Là je déchante un peu : ça sent la sueur (pour ne pas dire que ça sent un peu le sperme). On s’enferme. Il y a ce qu’il faut à l’intérieur : préservatifs et gel. Ca ne durera pas bien longtemps. Pas très à l’aise.

Je sors de la cabine, pris de l’envie de rire. Je suis allé jusqu’au bout de l’expérience comme on dit. Petite douche au sous-sol puis retour au vestiaire pour me rhabiller. Mon partenaire de cabine est aussi sur le départ et me fixe. On me l’avait dit : parfois on peut faire de vraies rencontres dans ce lieu de dépravation. Mais je ne suis pas venu ici pour me faire de nouveaux amis ou pour trouver l’homme de ma vie. Je déguerpis vite.

Le seul et l'unique rédacteur de POP AND FILMS :)

1 Comment

  1. gabriel

    7 février 2013 at 3:10

    Hello Gaspard, je découvre seulement maintenant ton post, très touchant de sincérité et de vérité, qui l’eut cru sur un tel sujet!
    Après 6 ans de relation « exclusive » avec mon mec il m’a finalement convaincu de tenter l’expérience des sauna pour des plans à 3 ou plus (l’idée étant qu’on reste toujours au moins à 2 pour en profiter ensemble) et tu as bien résumé le principe en parlant de « sexe désacralisé ». J’avais les même aprioris que toi sur les saunas et je dois dire que je me suis bien gouré et surtout que ça a un effet décuplant sur la libido d’un couple!

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