Call me señor, l’interview : dansez malin !

Gaspard Granaud 29 novembre 2010 0
Call me señor, l’interview : dansez malin !

Un samedi après-midi à La Flèche d’or, avant une soirée de concerts. Je retrouve dans le coin resto JB et Alex, les Call me señor. Ils ne me demandent pas de les appeler « Monsieur », bien au contraire. Nous avons le même âge et l’interview se fera de façon très détendue, avec en fond sonore Sourya, répétant juste à côté (des potes à eux dont ils apprécient particulièrement la musique).

JB et Alex sont amis et ont joué ensemble dans le groupe The Victorians (qui n’existe plus « pour des raisons personnelles »). Mort d’un projet, naissance d’un autre, juste à deux.

« On se comprend musicalement. Au départ, on écrivait toutes les paroles ensemble, on se validait des choses tout le temps car on avait peur des fautes de goût. Nous nous sommes finalement rendu compte qu’on écrivait le même genre de choses,  et aujourd’hui nous travaillons sur les paroles séparément car on sait qu’on est sur la même longueur d’onde. »

Ce fonctionnement est, de l’avis de JB, plus pratique. Car si Alex a une idée au beau milieu de la nuit, il peut faire son truc, lui en parler le lendemain et accessoirement ne pas le déranger alors qu’il est avec sa copine.

Musicalement très curieux, les deux garçons avouent être passés par de multiples « périodes ». Dans leurs oreilles : Nirvana, Dr. Dre, Gainsbourg, Housse de Racket, Kanye West, un peu de rap par-ci, de bossa nova par-là…Auditeurs éclectiques,  ils ont pourtant décidé , pour leur propre projet, d’opter pour une ligne, une orientation.

« Notre musique est clairement orientée dancefloor et on ne souhaite pas faire de compromis sur les mélodies. On essaie de faire quelque chose d’à la fois dansant et intéressant. Notre objectif n’est pas de devenir les successeurs de David Guetta. Dans l’idéal, on aimerait séduire , avec un son catchy, un public qui n’écoute pas forcément de la musique indépendante et l’amener vers de la musique un peu plus pointue. Ce n’est pas parce qu’on fait un truc dansant qu’on va faire des paroles parlant uniquement de filles ou de soirées. Si on tient à rester dans un registre assez léger, on a envie de détourner les codes, y apporter une dose d’humour, de cynisme, et pourquoi pas même une certaine sensibilité. »

Pour le moment, ils n’ont sorti qu’un EP, Oh La La , qu’ils ont majoritairement enregistré chez eux avec le matériel dont ils disposaient. Le second EP, qui sortira le 8 février, marquera une nouvelle étape dans leur jeune carrière : « On bosse avec deux mecs, Thomas et Pierre, qui sont notamment les ingés son des Parisians. Il y aura quatre morceaux et ce sera « fat », très dansant. ». Ils tiennent à faire les choses en douceur, ne rien précipiter. Ils ne pensent pas encore vraiment à s’exporter, ils ont plutôt envie d’écrire, composer, chercher. Leur collaboration fonctionne bien et ils sont ravis de constater qu’ils sont tout à fait productifs. Ainsi, outre les titres des EP, ils mettent en ligne d’autres morceaux sur leur Myspace ou parfois même les proposent en téléchargement libre.

Leur duo existe « sérieusement » depuis moins d’un an et aujourd’hui ils sont ravis de pouvoir jouer dans des salles comme le Bus Palladium ou La Flèche d’or.

S’ils devaient se projeter et imaginer à quoi pourrait ressembler leur premier album, ils verraient quelque chose de très pop, dansant , mais ne s’interdiraient pas pour autant un ou deux morceaux plus calmes, intimistes. « Pourquoi pas réinstaurer le quart d’heure américain dans les soirées ? ».

En attendant, à chaque nouveau concert le public s’élargit. Le duo a même déjà ses fans qui les suivent assidument, des filles particulièrement, connaissant par cœur certains morceaux et ne loupant jamais une occasion de se déhancher au rythme de leurs morceaux survitaminés.

« C’est vraiment cool de faire danser les filles. En plus, c’est la seule chose qui motive les mecs à danser à leur tour. Ca n’est jamais évident de faire bouger le public lors d’un concert, surtout à Paris. »

Sereins, jamais trop sérieux, JB et Alex savent où ils vont et ne s’interdisent rien. Gros consommateurs de séries télés (avec une préférence pour Mad MenThe officeEntourageou Californication), ils se tiennent également au courant de l’actualité ciné (leur dernier coup de cœur est Machete de Robert Rodriguez et JB cite avec enthousiasme comme référence Les sentiers de la gloire de Kubrick ou Metropolis de Fritz Lang – on retrouve dans ces goûts ciné le mélange souhaité musicalement par la formation : du fun et de l’exigence). Composer pour le cinéma ? « C’est déjà un peu le cas. On a passé des morceaux à une copine, Coline Assous, pour son court-métrage, Le miroir. Et là on vient de lui en donner un autre pour son prochain.  On aime bien l’idée de mêler musique et vidéo. »

Bien dans leurs pompes, ouverts, ces deux garçons sont à suivre. S’ils continuent à aligner les titres furieusement dansants et accrocheurs comme ils l’ont fait jusqu’à présent, la voix du succès ne devrait pas trop tarder à arriver…Rendez-vous donc en février pour le deuxième EP.

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