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« Les garçons sauvages » : le film le plus barré de 2018 ?

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Précédé d’une flatteuse réputation, « Les garçons sauvages » de Bertrand Mandico débarque en salles, tout singulier et tranchant qu’il est.

Clairement, nous sommes ici devant une oeuvre qui aura du mal à faire l’unanimité et qui est de celles aptes à faire claquer les fauteuils des salles de cinéma. On y est allergique ou on se laisse subjuguer. Normal pour un film lorgnant avec le bis, triturant le genre et s’autorisant une multitude d’effets expérimentaux. Vous êtes donc prévenus : la proposition est radicale et si vous n’êtes pas de nature aventureuse, vous risquez de passer un moment inconfortable. Pour les autres, accrochez-vous : on tient là l’une des propositions de cinéma les plus couillues vues en France depuis un moment !

L’intrigue nous etraîne au début du vingtième siècle où cinq adolescents de bonne famille s’adonnent à de multiples délits. Délinquants, sauvages, ils finissent par agresser leur professeur pourtant aimée et respectée jusqu’alors, abusant d’elle jusqu’à la mort. Leurs parents ne savent plus quoi faire d’eux et font appel à un homme énigmatique dit « Le Capitaine ». Ce dernier clame être capable de transformer n’importe quelle âme malfaisante en toutou docile. Il suffit de le laisser embarquer en mer, sur son bateau, les mauvaises pousses. En deux mois chrono, la transformation est garantie. Un bémol toutefois : le Capitaine n’assure pas que tout le monde en revient vivant.

Les cinq bad boys sont contraints de participer à le croisière du Capitaine. Ils pensent pouvoir se rebeller mais comprennent vite qu’ils sont tombés sur un homme très autoritaire, violent et pervers. Certains se soumettent et sont épris d’un désir sexuel plus ou moins latent vis à vis du bourreau. Tout bascule lors d’une escale sur une île mystérieuse où les masquent tombent et les corps se transforment…

On pense par moments à la furie d’Orange Mécanique, aussi et surtout, de par le côté queer et kitsch assumé à l’adaptation de « Querelle » par Fassbinder. Pur OFNI, « Les garçons sauvages » se savoure comme un poème, parfois doux et sensuel, parfois cru et perturbant. Bertrand Mandico aime la provocation, l’insolence et ne manque pas d’humour. Les phallus et le sperme abondent. On ne comprend pas trop ce qui se déploie sous nos yeux mais on se laisse submerger par tout un tas de sensations, de pulsions érotiques bizarroïdes, de plans dont on peine à distinguer s’ils s’impriment comme des rêves ou des cauchemars.

Tour à tour amusante, étonnante et malaisante, cette traversée cinématographique bénéficie d’une audace et d’une folie peu communes, emporte ailleurs, tisse un univers profondément original et en marge. Le cast est à saluer, permettant un spectacle troublant et une réflexion sur le genre qui a le mérite d’être jusqu’au boutiste.

Il y a quelque chose de beau et de rassurant dans le fait de voir un film pareil au cinéma : il y aurait donc encore de la place pour des artistes qui osent tout et qui brisent les frontières entre bon et mauvais goût pour proposer quelque chose de primitif. Ici, on a trouvé ça vraiment cool !

Film sorti en salles le 28 février 2018

Le seul et l'unique rédacteur de POP AND FILMS :)

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