Films LGBT

Men to kiss (Robert Hasfogel, 2012) : petite guerre entre amis

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Berlin. Ernst (Frank Christian Marx) est un beau banquier, propre sur lui et gentil. Il est en couple avec Tobias (Udo Lutz), folle extravertie et oisive. Leurs différences les rapprochent mais aussi parfois les opposent. Ernst a ainsi la sensation de ne pas toujours très bien cerner son Tobbie, constamment dans la dérision, la représentation de soi. Les choses se corsent quand Uta (Alexandra Starnitzky), l’amie d’enfance d’Ernst, expatriée aux Etats-Unis depuis plusieurs années, revient et envisage de poser ses valises dans la ville. Elle ne laisse pas à Tobias la moindre chance de sympathiser avec elle. Aussi extravagante que lui mais aussi bien plus machiavélique et manipulatrice, la belle brune va tout faire pour avoir Ernst à elle toute seule. D’abord dépité, Tobias va, avec l’aide de ses amis et de sa « mère » (en réalité son père travesti) , mettre en marche un plan pour garder à ses côtés l’homme qu’il aime…

Deux ans après Nos jours légers (Alex und der Löwe en VO), le scénariste André Schneider nous propose de retrouver sa bande d’amis berlinois décalés. Un autre réalisateur est derrière la caméra pour l’occasion : Robert Hasfogel. Ce changement ne se ressent pas trop même si à l’évidence ce nouvel opus a été mieux produit. Les problèmes de son ne se ressentent plus, le côté cheap s’estompe. Malheureusement, une fois encore, la réalisation ne parvient pas totalement à convaincre. Si le scénario ne manque pas de folie et les comédiens d’énergie, l’ensemble se regarde simplement comme un bon épisode de série télé lambda, sans grande ambition esthétique. Mais dans le fond qu’importe, l’objectif de ce Men to kiss (Männer zum knutschen en VO) étant avant tout de faire sourire. De ce côté là, le pari est réussi. Ernst et Tobias forment un couple aussi improbable qu’attachant et à force de jouer des clichés le projet finit par habilement les contourner. C’est joliment outrancier, plein de tendresse et avec un ton gentiment déjanté.

Outre un acteur principal très sexy (Frank Christian Marx et sa petite moue contribuent beaucoup au charme de cette modeste entreprise), le film peut compter sur un côté cartoon, enfantin, qui le rend très sympathique. Tout ici est volontairement exagéré, amplifié, fantaisiste. En témoigne le personnage de la meilleure amie d’Ernst, véritable sorcière qu’il est impossible de ne pas adorer détester. Les scènes s’enchaînent, le rythme ne faiblit pas et ce « film de copains » de nous séduire de plus en plus… On pourra toutefois regretter que l’excellente gallerie de personnages secondaires ne soit pas plus exploitée (c’était nettement plus le cas dans Nos jours légers et nous sommes par exemple un peu tristes de ne pas voir le beau Marcel Schlutt hériter d’un rôle un peu plus consistant que celui du pote tout mignon).

Plein de petits défauts, fragile, Men to kiss n’en demeure pas moins une délicieuse sucrerie, un moment de légèreté à savourer. Vivement conseillé aux amateurs de comédies adulescentes.

Le seul et l'unique rédacteur de POP AND FILMS :)

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