Vendredi 8 juin 2012, à La Loge à Paris, Holden terminait sa résidence, commencée en septembre dernier. Salle bien remplie, spectateurs de tous âges : après une très belle première partie de La La Factory, Armelle Pioline, Mocke et leur nouveau batteur « Emma » entraient en scène.
Au tout début de cette résidence, Holden s’était fixé pour objectif de révéler au fil des mois de nouveaux morceaux qui constitueraient leur cinquième album. Lors des premières dates, on découvrait de nouvelles versions de L’ivresse et C’est pas des mots (des titres qu’ils jouaient déjà depuis plusieurs mois de façon acoustique et qui prenaient soudainement une ampleur réjouissante) ainsi que l’inédit et enthousiasmant Lointain à moi. Pas de doute : le prochain album d’Holden ne devrait pas décevoir les fans. Pour en revenir aux objectifs, finalement ils n’ont pas été tenus. Aucun nouveau morceau n’aura émergé de cette résidence. On aura néanmoins pu apprécier le sens du détail de la formation qui au fil des mois livrait presque à l’identique le même concert mais retravaillant ça et là les morceaux, leur donnant des résonances parfois étonnantes, changeant la tracklist d’un ou deux titres…On a ainsi eu la joie de voir Mocke réinterprété le vieux morceau La lueur tiède, issu de leur premier album (et le seul titre où le guitariste téméraire donne de la voix dans toute la discographie du groupe). Beau moment.
Les spectateurs fidèles l’auront déjà remarqué depuis un moment : Holden n’anticipe pas le fait qu’ils peuvent revenir plusieurs fois de suite. Et l’hyper charismatique Armelle Pioline de répéter ainsi pendant 8 mois : « On va vous jouer un tout nouveau morceau » alors que cela fait déjà six ou sept fois qu’elle nous fait le coup (et on ne parle pas de Rapproche- le ton amour, décrété nouveau morceau depuis au moins deux ans). Pareil pour le moment « reprise » où elle faisait parfois semblant d’hésiter sur le titre à interpréter alors qu’à tous les coups on avait le droit au même morceau de Jonathan Richman. On sourit face à cette répétition, de même que lorsqu’à chaque nouveau rendez-vous, entre deux morceaux, la chanteuse demande à un gentleman d’aller lui chercher un verre de vin en minaudant…
Qu’importe si finalement cette résidence n’a pas connue une évolution très marquée. Car il y avait, malgré une répétition, une vraie magie à chaque fois. L’époque où Holden était un groupe de 4 ou 5 personnes est révolue depuis un moment. On avait fini par s’habituer à des concerts en duo, en acoustique. Le fait de les revoir avec cette fois un batteur à ramener une certaine dimension. D’autant plus que « Emma » est un batteur sacrément doué. Toujours à saluer, le beau décor, minimaliste et enchanteur, créé par La Loge. Lors de morceau comme Dès demain, alors qu’Holden s’échappe dans des parenthèses abstraites, les projections de vagues sur les triangles achevaient de nous emporter dans un ailleurs ô combien apaisant…
Après des concerts espacés dans des grandes salles comme Le cabaret sauvage, La Cigale ou La Maroquinerie, après presque un an de première partie de Matthieu Bogaerts à la Java, après la petite série de concert au Zèbre de Belleville pour fêter leur best of L’essentiel, c’est donc presqu’un an de concert à La Loge qui viennent de s’achever pour mon groupe français préféré. Les prochaines dates marqueront probablement l’avènement d’une nouvelle période, d’une nouvelle tracklist, avec toujours ce mélange de magie, de talent fou, de légère désorganisation, de splendeur. Bonne nouvelle pour les amateurs : Holden entrera en studio en juillet pour enregistrer son cinquième album, à trois, avec « Emma ». A suivre, ils nous manquent déjà…
Photo en une capturée de la vidéo réalisée par Traffix Music







