Cazzo n’est pas une boîte de production porno comme les autres. La majorité des films qui sortent de leurs studios témoignent d’une véritable volonté de faire du porno un art à part entière. Et souvent c’est très réussi. Dans Homopunx (ou Homo Punx), nous retrouvons dans le rôle principal Brice Farmer (gagnant de la real tv porno gay française Hot Cast). Le générique dévoile un ange, ailes, pantalon SM cuir et jockstrap de rigueur. Il est dans un décor artificiel, musique onirique, tout sourire. Le film lancé, on découvre donc Brice, jeune étudiant français, qui vient de débarquer à Berlin. Il cherche une chambre pour 4 nuits. Malheureusement les tarifs sont exorbitants…mais on lui propose une collocation, tout en le prévenant que les gens qui y vivent sont un peu spéciaux. Le jeune homme accepte de visiter l’endroit. A peine entré, il comprend mieux de quoi il en retourne : un des colocataires se rase le sexe, un autre se touche devant son ordinateur, et pour ce qui est de la chambre proposée, il y a encore un plan cul qui traîne sur le lit. Tout cela a l’air de bien emballer notre ami qui emménage direct.
On quitte notre mignon français pour se retrouver en plein shooting dans un studio. Un homme séduisant pose en costume mais alors que le photographe lui demande de se déshabiller un peu, il refuse (ce n’est pas dans son contrat). Il devient alors très désagréable. Le pauvre va finalement absorber à son insu un aphrodisiaque et se retrouvera quelques minutes plus tard chaud comme la braise, orné d’oreilles de bunny, une carotte dans la bouche puis dans les fesses. Un italien macho avec un T-shirt « Italians do it better » va se charger de vérifier s’il est vraiment un chaud lapin. Résultat amusant, ludique et excitant.
Cette séance particulière achevée, on retrouve un des assistants du studio dans l’appartement des colocataires. Il parle de sa difficulté à trouver un garçon charmant et excitant qui ne fasse pas trop « porn star ». Pendant ce temps, un des colocs fait des petits fours en les moulant dans les fesses de l’un de ses amis (il parait que ses clients adorent ça !). Forcément, on se doute que la muse idéale serait Brice, jeune homme sensuel, un peu réservé mais au potentiel ô combien érotique.
Dans une pièce de l’appart, des mecs s’amusent à se déguiser : masques, cagoules de porcs, string avec une tête de cochon…Puis on voit deux garçons danser face à un troisième assis et visiblement très excité. Ce dernier a un air particulièrement sévère et on se doute qu’il ne va pas que leur faire des câlins. Plan à 3 et travestissement : un des participants porte une tenue féminine. Alors qu’il la délaisse pour une veste en cuir, son comportement sexuel change : il devient plus dominateur. Le déguisement définit la position sexuelle dans un jeu des genres des plus amusants. Dans un coin, Brice observe la scène et est tout émoustillé. Cette vision le poussera à accepter de participer à un shooting photo de charme, emporté par l’élan de désinhibition qui règne dans cet appartement.
Tous les garçons vont au studio photo. Des shootings kitsch s’enchainent : un mec avec un chapeau de cowboy , un autre avec un masque de lion, un mec en look total cuir qui pose devant un décor artificiel de montagnes avec un cerf sur le côté…Un black avec moumoute se la joue « Saturday night fever » avant de se dévêtir et de continuer sa danse dans un océan d’eau et de savon. Un homme en cuir débarque et se délecte du savon qui coule…Plus tard, le black débarque devant lui avec un peignoir rouge et une allure féminine. C’est pourtant lui qui prendra le dessus sexuellement. Inversion des rôles prédéfinis.
On arrive enfin au shooting de Brice, décor aquatique, le belâtre est déguisé en marin romantique. Impossible avec tout ce que l’on vient de voir de ne pas remarquer un hommage à Pierre & Gilles. Brice pose mais fait son timide. Après quelques compliments, il se déshabille mais quand on lui demande de bander il rétorque « It’s too much for me ». Et voilà qu’un ange passe pour venir l’exciter. L’ange tourne en pleine érection , comme sur un manège, et Brice l’aidera à rester vigoureux. Au milieu de bulles de savons, la performance se crée, on perd ses inhibitions…Les deux garçons finiront au milieu de mannequins en plastique pour une belle étreinte.
On enchaine avec une chambre pour enfants où un mec total cuir (encore !) et deux autres partenaires portant un masque de loup s’amusent à des jeux adultes au milieu de grosses peluches. On a un peu l’impression d’être défoncé, nous sommes au cœur d’un délire porno pop qui ne se refuse rien.
Retour à Brice désormais très à l’aise devant l’objectif. Avec son partenaire ils ont opté pour un look sportif et grosses chaussettes. Brice pose à côté d’un loup, enfile une jupe militaire, met une cagoule et tire au pistolet à eau. Délire communicatif, explosion des codes et des genres pour une sexualité toujours ludique. Batâille de coussins, plumes dans les airs…la pornographie n’est jamais parue aussi « lisse », aussi bienveillante malgré la ferveur des rapports.
Dernière scène de sexe dans une chambre froide avec des hommes cagoulés (cagoules normales ou de porcs) pour une orgie de nourriture et de plaisirs de la chair. Déchéance totale alors que les ingrédients s’étalent , se mélangent sur les corps très actifs. Fin du film avec Brice en fourure dans la rue avec ses amis : il est désormais totalement libre et se fiche du regard des autres, il ose l’extravagance.
Homopunx ne dispose peut-être pas d’un scénario très élaboré, Brice Farmer fait preuve de maladresse pendant les scènes dialoguées (ce qui n’enlève rien à son charme ravageur) mais visuellement il est sans aucun doute un des plus « jolis » films pornos gays de l’Histoire. C’est aussi une œuvre sur la libération face à l’objectif, une ode à l’extravagance où l’on change de déguisement comme de trips sexuels. Une véritable sucrerie qui donnera le sourire à tous les amateurs de porn culture (et à certains aussi, beaucoup de plaisir).
Film produit en 2007 / Disponible en DVD









One Comment »