Un beau blond , qui s’appelle Clark, se caresse au sein d’une usine désafectée, une caméra disposée en face de lui. Un trentenaire plutôt viril avance vers la fameuse usine et est directement attiré par ce décor à priori désert. Le trentenaire, c’est le très charmant Fred Faurtin. Nous pénétrons avec lui dans l’espace, qui regorge de passages secrets , de mystérieux recoins. L’endroit est étrangement chargé d’une incroyable force érotique, poussant à l’abandon. Chantier, fenêtres, trous : tout ici est incroyablement cinématographique. Alors que Fred avance , d’autres hommes le suivent en cachette, des hommes qui n’ont pas l’air de rigoler et qui arborent un look plutôt SM. Fred est excité et commence à se masturber exactement au même endroit où le blond du début se trouvait. En pleine pignolade, il remarque une caméra échouée au sol. Il découvre alors la vidéo de Clark qui s’interrompt brusquement : il semblerait qu’il ait été enlevé. Fred se rhabille et va continuer sa balade dans la plus grande discrétion…
Nous retrouvons le petit blond, qui est donc emprisonné. On lui a mis un collier de chien. Un homme dominateur vient le chercher et le transporte sur un chariot après l’avoir enchainé. On le laisse au milieu d’une pièce déserte.
Dans les parages, deux mecs barbus à l’air sévère (dont Matthieu Paris, star porno spécialisée dans le fist) déambulent en espérant trouver de quoi s’amuser. Bingo ! : un petit coquin les attend les fesses offertes. La baise sera bestiale , entre crachats et soumission. Et comme on pouvait s’y attendre, Matthieu Paris nous montre qu’il n’a pas perdu la main en se livrant à un fist fucking des plus intenses. A noter que le fist vient après une première jouissance , comme un dessert. Matthieu Paris fiste avec le poing droit, ou en tournant le dos, puis se fait fister alors qu’il fiste puis lui et le soumis se font fister « à la chaine » par le plus dominant des trois. Une nouvelle jouissance viendra. Cette scène, très linéaire, est là pour nous montrer que le sexe, c’est un peu l’usine. Toujours les mêmes tâches, dans le même ordre. Je te regarde, je te charme, je t’embrasse, on se caresse, on se suce, sodomie et si tu es un peu sauvage on pourra faire un jeu plus épicé après…L’usine désafectée serait donc une métaphore de la sexualité gay où tout s’enchaine comme un rituel et surtout où la cadence est plus forte qu’ailleurs : on change vite de partenaire. Le seul moyen de casser la chaine, serait d’avoir recours à des pratiques extrêmes ?
On retrouve Fred qui tombe sur le petit blond abandonné et « mis à disposition ». Fred le libère mais pour mieux le mettre sous son emprise. Qu’on se le dise : Men Factory n’est pas une œuvre qui montre « de la baise de Mickey » (nouvelle expression trouvée spontanément). Les pratiques sont souvent à la frontière du hard. Le blond prisonnier va ainsi lécher les baskets de son sauveur, puis ses chaussettes, puis engloutir ses pieds. On sent qu’il est à la fois soumis par contrainte et par volonté. Après une étreinte intense, les deux garçons se rhabillent et partent bras dessus bras dessous vers d’autres pièces de l’usine. Ils sont comme deux camarades de jeux qui se sont enfin trouvés.
Nouveau recoin de l’usine, deux hommes sportifs portant un casque font de la lutte. Les guerriers s’interrompent pour se livrer à un autre sport plus « pénétrant ». De leur côté, Fred et son nouvel ami tombent sur un garçon aguicheur avec une tenue en latex. Ils lui courent après, jouent en quelque sorte au cow boy et à l’indien (c’est un trait récurrent dans les productions Cazzo, mêler le sexe très chaud à un côté enfantin). Clark auparavant si docile se mue en actif sous le regard très complice de Fred Faurtin. Ils partagent à deux leur nouveau copain de jeu passif. Arrêtons-nous un peu sur Fred Faurtin, acteur porno français qui a multiplié les tournages. Un charme tout particulier : le regard profond, presque romantique. Il émane de lui une vraie douceur qui pousse à l’abandon. Et pourtant, Fred Faurtin est un grand actif qui peut être très autoritaire et déviant. Son sourire coquin fait des ravages et personne n’alterne aussi bien que lui le calme, la tendresse et la fureur, le sexe bourrin.
Dernière scène de sexe : les deux guerriers de tout à l’heure se retrouvent. L’un est au fond d’un chemin étroit et prend sa douche, l’autre avec ses grandes bottes va avancer au milieu d’une mare pour le rejoindre. Un côté « Stalker ». Fin du film avec Fred Faurtin et son blond protégé qui désormais se filment à deux. Terminé le jeu en solo.
Avec Men Factory, Jörg Andreas et Cazzo livrent un film porno plutôt orienté gonzo mais dont l’élégance visuelle coupe souvent le souffle. Ou comment un lieu peut provoquer de véritable décharges érotiques, insuffler du désir. Un hymne aux lieux condamnés, théâtre de baises inattendues, et une réflexion sous-jacente sur « la baise à la chaine », le rituel sexuel. Très excitant et de façon inattendue assez fascinant.
Film produit en 2008 / Disponible en DVD








