Menoboy et sa web-série Les naufragés : french touch dans le porno gay

Gaspard Granaud 16 juillet 2011 0
Menoboy et sa web-série Les naufragés : french touch dans le porno gay

Menoboy est une boîte à part dans le paysage du porno gay français.  Depuis quelques années, son site a été complètement lifté, rajeuni et il en va de même pour son line up, laissant la place à la jeunesse et à l’innovation. Menoboy sait s’adapter aux nouvelles habitudes du consommateur de porno et s’inspirer des modes. Et avec des castings récurrents, le studio révèle fréquemment de très jolis inconnus comme par exemple Evan Pamish , Tybo Calter ou Florian Ladicat.

Là où le studio excelle, c’est sans aucun doute dans la production de télé-réalité gay. Malgré Zhoom qui fut une déception, les deux éditions de Vis ma coloc et celle de  La maison des p’tites frappes ont constitué un modèle du genre. Participants attachants, sympas et souvent sexy : les scènes de sexe sont forcément plus excitantes dans ce contexte de real tv où on a appris à connaître chacun. A noter un certain éclectisme dans le choix des modèles même si la politique de la maison semble être de trouver des jolis garçons qui se rapprochent plus du beau gosse du coin de la rue que de la super porn star américaine. On joue sur la proximité, l’amateur sublimé.

Menoboy c’est aussi beaucoup de scènes à l’unité, pour tous les goûts, quelques longs-métrages. Ces derniers sont pour le moment loin de rivaliser avec la concurrence (la faute à des moyens plus réduits, un scénario généralement bâclé et maladroit, à un manque d’originalité dans le choix du sujet…preuve en sont les dernières productions Stade de fooutre ou Centre de jeunesse – sorte de sous-Cadinot).

Cette semaine, j’ai choisi de regarder la première web-série du studio. Annoncé comme une petite révolution, ce projet intitulé Les naufragés, avait de quoi attirer la curiosité.

Pitch : 5 garçons échouent sur une île, ils sont seuls au monde.

Sexe et danger dans une version x de Lost ? Ne rêvons pas…Les naufragés ne compte que 4 épisodes qui en général ne durent pas plus d’une quinzaine de minutes (à l’exception du pilote, un peu plus long). Les épisodes sont donc très courts et on pouvait se demander comment en une quinzaine de minutes ils allaient parvenir à poser les personnages, développer une intrigue et inclure de bonnes scènes de sexe.

Lancement du premier épisode. Musique new age, les cinq garçons tombent à l’eau en pleine mer alors qu’un bateau leur fonce dessus. Le très beau Florian Ladicat et son copain dans la série Kams Kamikaz arrivent sur l’île, légèrement blessés. Enfin, ils font semblant de boiter car ils n’ont pas la moindre égratignure. Ils doivent retrouver leurs potes mais s’offrent avant tout un petit moment de détente (fellation). Ils marchent un peu, s’inquiètent, puis baisent un coup. Au loin, deux de leurs amis sont perdus. Fin du premier épisode. Un peu léger, non ?

Deuxième épisode : On retrouve les deux garçons perdus de tout à l’heure, incarnés par Dimitri Leskov et Paulo Sampa. Dimitri demande à faire une pause dans leur marche car il a mal aux pieds.

Quelque part ailleurs, Mathieu Cerceron est emprisonné dans une cage en bois. John Despe joue le mec cruel de la forêt qui l’a capturé. Mathieu est obligé de faire tout ce qu’il veut et cela ne semble pas lui déplaire…La scène est plutôt excitante, bien filmée, mais alors que la jouissance est atteinte, on a seulement droit à un plan de Dimitri et Paulo s’embrassant avant d’arriver au générique de fin. On comprend qu’on est vraiment pas devant quelque chose de novateur.  Le scénario tient sur une page A4. L’épisode 3 par exemple peut se résumer en une ligne : Dimitri et Paulo baisent dans la forêt, soudain John Despe se réveille et capture Paulo. Il en va de même pour l’épisode 4 : Paulo est capturé par John , ce dernier l’attache et le soumet. Ah non, en fait il y a un super suspense : ils entendent du bruit, John part et Paulo reste seul, attaché et a peur…Fin du dernier épisode, sensé nous donner envie de voir la suite. Ca ne marche pas.

Pour résumer, nous ne sommes définitivement pas devant une web-série. Scénario complètement bâclé, durée trop courte, aucune profondeur, de grandes maladresses de jeu du côté des acteurs. On a l’impression de juste voir 4 clips pornos avec une thématique spéciale. Tout de même quelques qualités : toujours un plaisir de voir le beau Florian Ladicat, une réalisation soignée, de beaux décors…

Pour le moment, la fiction n’est clairement pas le fort de Menoboy. Le studio est surtout bon pour capter le réel, l’amplifier, dans des programmes de télé-réalité très bien montés (c’est le cas de le dire ;) . Gardant un esprit jeune, marquant une volonté de se diversifier, d’évoluer en même temps que ses consommateurs, cette boîte française dynamique reste à suivre car elle produit ponctuellement de jolies surprises.

Pour info, les programmes Menoboy sont disponibles sur leur site, accessibles en formule abonnement mensuel , à l’unité et pour certains titres en DVD.

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