Classiques

Psychose (Alfred Hitchcock, 1960) : motel de la mort

By  | 

Marion Crane (Janet Leigh) est secrétaire dans une agence immobilière en Arizona. Elle retrouve ponctuellement dans des hôtels Sam Loomis (John Gavin) , l’homme qu’elle aime. Leurs brefs moments d’intimité commencent à la peser, elle aimerait qu’il l’épouse. Mais Sam vient de divorcer, doit verser une pension alimentaire et éponger des dettes. Ce n’est pas avec sa modeste quincaillerie qu’il parviendra à offrir à Marion ce qu’elle désire. Triste et fatiguée, la jeune femme retourne à son travail et assiste à la transaction immobilière d’un riche texan payant cash 40 000 dollars. Quand son patron lui demande de transférer les liasses de billets à la banque, la tentation est trop forte. Marion fonce chez elle, fait ses valises et se met en tête de retrouver Sam pour lui proposer une évasion, une nouvelle vie à deux. Mais petit à petit le stress la gagne : son patron l’a vue quitter la ville, après l’avoir trouvée endormie dans sa voiture alors qu’elle faisait une pause dans son itinéraire un policier la suspecte d’être sur un mauvais coup. Et voilà que la belle se retrouve en cavale, changeant de voiture pour ne pas être retrouvée. A bout de nerfs, Marion décide de s’arrêter dans un motel pour se reposer avant d’enfin retrouver Sam. Elle atterrit au Motel Bates, désert suite à la déviation de l’autoroute. Seule cliente à passer la nuit dans le coin, elle est accueillie non sans enthousiasme par Norman Bates (Anthony Perkins), jeune homme souffrant visiblement de solitude et d’une mère castratrice qui lui hurle dessus quand il propose à la jolie blonde de dîner avec lui. Bien qu’épuisée, Marion lui fait la conversation et découvre qu’il est tout de même assez bizarre (ses passions pour la taxidermie et les oiseaux morts l’interpellent notamment). Alors que Norman lui fait remarquer que chacun a vite fait de se retrouver pris à son propre piège, la fugitive se met à réfléchir et à regretter ses actes. Elle se dit qu’elle retournera à Phoenix pour rendre l’argent le lendemain matin. La nuit tombe, elle s’offre une dernière douche avant de se coucher. C’est alors que quelqu’un surgit dans sa chambre et vient la poignarder sauvagement en pleine toilette. Pas de rédemption, la voleuse est morte. Retrouvant le corps, pris de panique, Norman dissimule le crime et fait disparaître le corps, les affaires et la voiture de sa cliente dans un marais proche. Quelques jours plus tard, alors que Sam et Lila (la sœur de Marion, jouée par Vera Miles) sont avertis de sa disparition suspecte, ils tiennent à la retrouver pour la persuader de rendre l’argent dérobé. Un détective, Arbogast, est sur le coup. Il va fouiner dans les hôtels du coin à sa recherche et finit par tomber chez les Bates. Le comportement de Norman, cachant sa mère, lui paraît louche. Il est persuadé que la mère Bates pourrait l’éclairer. Alors qu’Arbogast disparaît à son tour, Sam et Lila commencent sérieusement à se dire que quelque chose cloche dans ce motel…

Ca n’est pas pour rien que Psychose est l’un des films les plus connus d’Alfred Hitchcock. Le film n’a pas pris une ride et continue d’obséder des décennies après sa sortie. Il faut dire que tout est réuni pour nous tenir en haleine et nous plonger dans une intrigue tendue, angoissante à souhait. Marion Crane est une femme qui ne demande qu’à vivre son amour au grand jour. Mais l’argent manque pour que ses rêves de bonheur se concrétisent. Quand un riche client texan lui met sous le nez des billets et se vante de sa fortune, son instinct la conduit à lui dérober ses 40 000 dollars. Pourquoi n’aurait-elle pas droit elle aussi de profiter des plaisirs de la vie, quitte à être malhonnête ? Mais à peine entreprend-elle de devenir une arnaqueuse que la secrétaire est rongée par l’angoisse. Alors qu’elle aperçoit de sa voiture son patron, elle est prise de panique. Alors qu’un policier vient simplement s’assurer qu’elle va bien, elle perd ses moyens et se rend elle-même suspecte. Non, Marion Crane n’est pas une mauvaise fille. Après avoir discuté avec Norman Bates, elle est même décidée à assumer sa faute et à retourner l’argent volé. Mais il est déjà trop tard : avant même de pouvoir se laver de ses pêchés, ne serait-ce que dans sa douche, elle se fait poignarder. Elle trouve ainsi la mort dans une chambre d’hôtel alors que son rêve était justement de vivre, d’aimer loin d’une de ces chambres clandestines, avec Sam.

Dans Psychose, l’amour (et surtout le manque d’amour) conduit à bien des folies. C’est guidée par le désir d’aimer en toute liberté que Marion vole les 40 000 dollars. Et c’est à cause de sa relation trop exclusive, étouffante, qui l’unit à sa mère que Norman Bates déraille aussi. Hitchcock nous invite également à une réflexion sur le mal. Il peut s’immiscer en chacun d’entre nous (Marion, secrétaire modèle à priori, qui finit par flancher) ou prendre complètement possession de notre tête et de notre corps (Norman Bates qui finit par incarner le mal sous une forme des plus terrorisantes, devenant une sorte de meurtrier malgré lui, possédé par le démon d’une mère qu’il a aimé et détesté trop fort). Il en faut peu pour qu’un être sensible , blessé, bascule vers le crime.

Outre la célèbre scène de la douche (avec ses bruitages et sa musique qui ne manquent pas de nous agresser encore et encore), beaucoup d’images nous restent en tête. Comme la vue de la maison Bates en face du motel aux allures de maison hantée, qui glace le sang même sans qu’il ne se passe quelque chose. Et aussi tout ce qui s’y passe : le meurtre inattendu d’Arbogast, le « face à face » entre Lila et ce qu’elle croit être Madame Bates…Avec une intrigue imprévisible et des personnages mystérieux, Hitchcock nous passionne de bout en bout et nous traîne sans mal dans une atmosphère poisseuse à souhait.

Le seul et l'unique rédacteur de POP AND FILMS :)

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply