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« Regarde-moi dans les yeux » (Lazy Eye) : sensibles retrouvailles

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Le réalisateur Tim Kirkman avait déjà séduit avec le lo-fi « Loggerheads ». Le voici de retour avec le film « Regarde-moi dans les yeux » (« Lazy Eye » en VO). Ou l’histoire de Dean (Lucas Near-Verbrugghe), un designer publicitaire qui travaille sur des affiches de films. Sa vue baisse, son quotidien le submerge, il a besoin de prendre l’air. Mais surtout un e-mail le travaille. Alex (Aaron Costa Ganis), un amour de jeunesse qui lui avait brisé le coeur, lui a envoyé un message pour reprendre contact. La blessure n’est pas refermée, Dean se méfie, mais l’envie de revoir ce garçon qui l’a tant marqué est plus forte que tout. Posant des congés, il décide d’aller se poser dans sa résidence secondaire avec piscine à Joshua Tree et y convie Alex. Ce dernier accepte. Les retrouvailles sont intenses et les deux hommes se sautent dessus, attirés comme des aimants. Entre nostalgie et questionnements sur leur présent et leur futur, ils vont tenter le temps de quelques jours de faire le point et de déceler si leur histoire a encore une chance.

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Joliment réalisé, « Regarde-moi dans les yeux » s’appuie sur le problème de vue, à priori anodin, de son personnage principal comme métaphore. Dean a besoin de remettre sa vie en perspective et revoir Alex va agir comme un détonateur. Les deux comédiens ont une très belle alchimie et cela donne lieu à des scènes assez magiques, fortes, pleines de sensibilité. Aaron Costa Ganis est particulièrement émouvant dans la peau d’Alex, garçon fantasme débordant de sentiments et de promesses mais peut-être plus retors qu’il n’y paraît.

Intimiste, disposant d’une écriture assez fine, le long-métrage ne manque pas de toucher en plein coeur et déploie une relation amoureuse complexe entre désir, frustration, nostalgie et rêveries. Difficile de ne pas être dans l’empathie. Dean et Alex ont chacun leurs qualités et leurs défauts, on comprend parfaitement les deux personnages et on a cruellement envie que cela marche. Bien vu et malin, le film emprunte dans sa dernière partie un chemin assez inattendu, ne manquant pas de bouleverser et d’amener le spectateur à réfléchir. Il est ici question d’amour mais aussi du rapport au temps, au couple, aux engagements que l’on prend, aux choix que l’on fait entre raison et passion.

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Si le projet peut paraître modeste à première vue, il se révèle d’une belle profondeur et tire le meilleur de ses personnages extrêmement bien croqués et attachants. Un petit coup de coeur donc pour cette ballade sentimentale toute en nuances qui fait chavirer, meurtrit et permet d’avancer en même temps.

Produit en 2016. Disponible en DVD aux éditions Optimale


Le seul et l'unique rédacteur de POP AND FILMS :)

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