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Solos de Antonio Da Silva : beauté de l’excitation

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Les films courts d’Antonio Da Silva se suivent, se répondent et continuent de ravir. Le dernier en date, Solos, marque la rencontre du vidéaste avec une série de garçons appréciant son travail et se portant volontaires pour parler face caméra de leur sexualité, ce qui les excite, les fait fantasmer.

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C’est un bel éventail de modèles improvisés qui se présente sous nos yeux : vingtaine, trentaine ou quarantaine, poilus ou imberbes, secs, musclés ou avec un peu de ventre, physique digne d’un mannequin ou au naturel des plus charmants… Un beau brun barbu évoque son fétichisme des sous-vêtements tandis qu’un autre (dont on ne voit que le corps au début) confesse n’avoir jamais le moindre dessous et porter seulement ce que sa mère lui achète pour les fêtes, affichant un vieux slip usé et troué à l’arrière. Comme toujours chez le réalisateur, il y a du désir et de l’humour, des beautés brutes du quotidien qui éclatent sur l’écran l’espace de quelques minutes. Les sujets se dévoilent, sans pudeur, à l’évidence mis en confiance par Antonio Da Silva qui confesse dans la mini note d’intention de son site que l’un de ses fétiches à lui est de filmer et regarder les images de ces beaux mecs qui se donnent pour l’amour de l’art ou satisfaisant plus ou moins consciemment un certain exhibitionnisme.

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Comme dans Gingers ou Dancers, une sorte de ronde se lance, les portraits s’enchaînent, se superposent, les profils varient entre sensibilité et amusement alors que l’excitation monte. Un tatoueur parle du plaisir qu’il a à parcourir les corps masculins avec son aiguille / Un homme en combinaison latex, une petite matraque à la main, évoque le plaisir de la matière alors que le bruit de celle-ci vient nous troubler / Un adepte des cordes aborde son obsession du contrôle et ,alors qu’il fait mine de frapper quelqu’un, le montage superpose les images d’un garçon nu au sol, comme si un plan venait frapper l’autre, comme si les différentes images avaient un rapport charnel entre elles. Le cuir, les jeans, les chaussettes, les poils : de nombreux trips et fétiches sont abordés avec spontanéité et malice.

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En évoquant ce qui les stimule, les boys commencent à voir leur sexe se raidir. Succession de manches qui finissent par être branlés tandis que les témoignages continuent. On ne sait plus trop qui s’exprime, tout s’emballe, on est troublé entre la beauté de l’aspect documentaire et le désir qui s’empare de nous face à tous ces beaux modèles qui se caressent et dont l’anatomie est sublimée. L’un parle de l’effet que lui faisait le costume de Batman quand il était petit, l’autre se lubrifie pour renforcer le plaisir masturbatoire. Un séduisant moustachu parle de son désir de mêler l’érotisme à la vie de tous les jours, de se défaire de la culpabilité que peuvent parfois renvoyer certains pornos. Certains s’étirent nus, se frottent. Il y en a un qui se touche devant un miroir d’autres qui sont en webcam, savourant le plaisir d’être vu. Il est question de la magie du sexe, de la rencontre, de ce moment où l’on trouve quelqu’un avec qui partager les mêmes fantaisies.

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Les gestes s’accélèrent, la pose cède la place à des mouvements plus désordonnés sous le coup de l’excitation. Antonio Da Silva capture les différentes éjaculations entre jets et bruitages variables. On s’essuie « comme on est », avec un mouchoir, son caleçon ou une chaussette. On reste allongé, pensif. On est bien. 12 minutes de beauté, de sexualité « guilt free », de garçons qu’on aime et désire instantanément, de plans comme des photographies. Une fois de plus, un coup de cœur.

Film disponible en VOD sur le site de Antonio Da Silva

Le seul et l'unique rédacteur de POP AND FILMS :)

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