Bonnes toiles

« Sparring » : Mathieu Kassovitz prend les coups

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On aimait beaucoup Samuel Jouy en tant qu’acteur (il a été notamment révélé par la série « Ainsi soient-ils »), on sait maintenant qu’il est un jeune réalisateur très prometteur. Son premier long-métrage, « Sparring », déborde de sensibilité et nous plonge dans le quotidien d’un boxeur raté et obstiné campé par un Mathieu Kassovitz assez merveilleux.

Nous suivons donc Steve (Mathieu Kassovitz), homme de 40 ans qui approche de son dernier match de boxe et continue de tout donner même s’il a accumulé les défaites. Dans ce sport impitoyable, être un perdant a vite fait d’écorcher la réputation et l’estime de soi. Un homme KO, un homme qui tombe, reste gênant au regard de beaucoup de personnes. On dit de Steve qu’il est « une merde », on le siffle, on le moque, on ne le prend pas au sérieux. Mais s’il est bien conscient de tout cela, il ne baisse jamais les bras, s’obstine et poursuit sa passion.

Le soucis de ce mari et père aimant c’est qu’il a du mal à joindre les deux bouts. Pour tenter d’offrir à sa fille un piano et soutenir son rêve de réussir dans la musique, il décide de tenter sa chance en faisant du « sparring ». Il insiste lourdement pour être parmi les boxeurs qui serviront à Tarek M’Bareck (Souleymane M’Baye) d’entraînement. Le sparring est là pour prendre les coups et c’est un job aussi bien payé qu’éprouvant et dangereux. Avec cette nouvelle activité, Steve va accéder à une notoriété inattendue, évoluer entre humiliations et accomplissement.

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C’est une tranche de vie originale qui se déploie sur l’écran en même temps qu’un très beau film d’acteur. Mathieu Kassovitz trouve là un rôle mémorable avec un personnage pouvant être perçu comme pathétique mais qui parvient à rester toujours digne. Steve ne lâche rien ! C’est un « mec bien » auquel on s’attache instantanément et on navigue à ses côtés dans l’univers sans états d’âme de la boxe. On a souvent mal pour lui, on s’émeut de sa relation avec sa fille.

S’il comporte quelques scènes difficile, le film de Samuel Jouy déborde d’humanité et célèbre la beauté de l’amour, de la famille, oppose aux coups une grande tendresse. Sous ses airs de chronique intimiste, un long-métrage qui laisse sa marque.

Film sorti le 31 janvier 2018 

LES CRUSHS DU FILM

Le plus sexy du casting est derrière la caméra. On aurait aimé que Samuel Jouy face une apparition à l’écran mais il s’est donné à fond à sa première réalisation.

S’il est loin d’être aussi sexy que d’habitude, rôle d’homme esquinté oblige, Mathieu Kassovitz garde son charme tout particulier et sa virilité hétéro si désirable. Le film par ailleurs ne manque pas de petits passages dans les vestiaires.

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Un peu tête à claque mais gaulé comme un Dieu, Souleymane M’Baye incarne enfin l’ambivalent Tarek M’Bareck.

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Le seul et l'unique rédacteur de POP AND FILMS :)

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