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The outs , saison 1 : deux garçons, après la rupture

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Brooklyn. Mitchell (Adam Goldman) et Jack (Hunter Canning) viennent de rompre et reprennent avec plus ou moins de succès leur vie de célibataire. Tandis que Jack accumule les plans culs et vend de l’herbe en attendant de retrouver un boulot, Mitchell peine à faire des rencontres constructives. Histoire de se changer les idées, ce dernier passe du temps avec sa meilleure amie, Oona (Sasha Winters), qui travaille dans un magasin de vin (alors qu’elle n’en boit pas) et qui, comme lui, est quelque peu larguée dans sa vie sentimentale. Le temps de quelques semaines, nous sommes invités à suivre les vies respectives de ces trois new-yorkais approchant de la trentaine, dans un environnement où ni le travail ni l’amour ne sont des éléments auxquels il est possible de vraiment se raccrocher…

Grâce à Kickstarter, Adam Goldman a pu lancer sa web série The outs et gagner le cœur de nombreux spectateurs (majoritairement gays mais pas que). Au total : 6 épisodes aux durées variables (de 12 à un peu moins de 30 minutes) et un spécial Chanukah. On peut regarder ce show indépendant d’une traite ou espacer la vision des épisodes pour ne pas se retrouver trop vite frustrés. Car The outs est une petite merveille, à la croisée de ce que les comédies anglaises peuvent offrir de meilleur et de la sensibilité des meilleurs scripts de soaps américains ou comédies romantiques indés. Le pilote est très accrocheur et pose d’emblée des personnages auxquels on s’identifie et/ou qui nous semblent familiers. L’écriture est mordante et intelligente, la cruauté de certaines situations laisse place à des moments plus doux, très émouvants. Les acteurs sont tous très bons, le casting sexy, la bande-originale soignée, l’image clean. Ajoutez le côté « série de chambre »  et vous obtenez l’une des fictions les plus sympathiques et attachantes qu’on ait pu voir depuis longtemps.

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The outs est avant tout l’histoire d’une rupture. Celle entre deux garçons : Mitchell et Jack. Par bribes, les motifs de cette séparation sont évoqués. Dans un premier temps, les deux personnages se haïssent et tentent de se reconstruire chacun à leur façon. On alterne donc entre Jack, ses plans culs et sa rencontre inattendue avec un jeune homme qui a tout pour être son nouveau compagnon (beau, patient, ne le jugeant pas, comprenant son instabilité sentimentale) et Mitchell, qui accumule les revers et se retrouve dans des situations parfois improbables avec sa meilleure amie bitchy, Oona. On passe par toutes les étapes post-rupture : la colère, les reproches et insultes, les moments de manque, l’envie de se remettre ensemble, l’espoir d’être ami… Si Mitchell et Jack ne sont pas du tout convaincus qu’ils sont faits l’un pour l’autre, que leur histoire pourrait avoir une seconde chance, ils réalisent qu’ils peinent à évoluer séparément, qu’ils ne peuvent bizarrement pas se passer l’un de l’autre. Mitchell reste célibataire, Jack se laisse petit à petit séduire par son nouveau flirt mais ne s’engage pas trop. Si les deux personnages principaux sont si attachants, semblent si réels, c’est sans aucun doute parce que Adam Goldman (réalisateur, acteur principal et scénariste avec Sasha Winters, interprète de Oona) les montre dans toute leur complexité. Mitchell avec ses petits cardigans et ses chemises à carreaux, son léger strabisme sexy, est absolument adorable. Il est pourtant aussi montré comme un garçon égocentrique, qui réfléchit trop, au point d’étouffer ses proches et se perdre lui-même. Jack, qui est montré comme un garçon instable et volage, n’en est pas moins un véritable romantique et peut-être celui qui souffre le plus de la rupture. Les personnages sont pleins de nuances, de bons et de mauvais côtés, trébuchent, se rattrapent. Ils sont mignons sans pour autant être intimidants. On est loin des stéréotypes de beauté habituels.

La difficulté de se remettre d’une séparation, d’accepter que la personne qui partageait notre vie n’occupe plus une place importante dans notre quotidien, la soif de nouvelles rencontres mais le constat que parfois, même quand tout est réuni l’alchimie peut ne pas prendre… Bars gays, Grindr, rencontres « naturelles » dans des soirées : les opportunités de trouver quelqu’un sont aujourd’hui décuplées mais la magie qui fait qu’une relation fonctionne reste un vaste mystère. Nouvelles perspectives et revers se superposent au fil des épisodes, avec beaucoup de drôlerie et de tendresse. Adam Goldman et sa bande sont parvenus à livrer un de ces divertissements dont on tombe très vite amoureux et dont on ne peut plus se passer. On espère donc qu’il y aura encore beaucoup d’épisodes de The outs à venir…

Saison 1 disponible en intégralité et gratuitement ici

Le seul et l'unique rédacteur de POP AND FILMS :)

2 Comments

  1. Sarah Caramba

    29 mars 2013 at 10:46

    Merci de m’avoir fait découvrir cette série ! Après les 2 premiers épisodes, je suis emballée !

    • Gaspard Granaud

      1 avril 2013 at 6:50

      Voilà qui me fait très plaisir 🙂
      J’aime beaucoup cette web série , c’est remarquablement écrit et tellement attachant… J’espère que beaucoup d’épisodes nous attendent encore !

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