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« Uber Menschen » : Bruce La Bruce filme la passion entre Calvin Banks et Colby Keller

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Décidément, la collection de courts-métrages de Bruce LaBruce pour Cockyboys est exceptionnelle. Troisième et avant dernier chapitre après les explosifs « Diablo in Madrid » et « Flea Pit », « Uber Menschen » déploie une atmosphère plus romantique.

Nous retrouvons le personnage de Mariano que campait déjà Colby Keller dans « Diablo in Madrid ». Professeur de philosophie en pleine année sabbatique, Mariano lit Guy Debord à la terrasse d’un café et observe la foule du dehors avec mélancolie. Quelque chose ne va pas : des larmes tombent dans son verre. C’est que Mariano se sent terriblement seul et n’a plus l’air de croire en grand chose. Il prend un Uber pour rentrer chez lui et se retrouve avec un jeune chauffeur, Arturo (Calvin Banks), aussi curieux que bavard. Il aurait pu trouver ça mignon habituellement mais là sur l’instant Mariano est juste complètement blasé et irrité par ce jeune homme qui tient absolument à faire la conversation.

Arturo lui parle d’un pont où les âmes esseulées ont l’habitude de se suicider. La ville de Madrid y a dressé des protections pour éviter que les suicidaires n’arrivent à leur fin. Mariano décide de s’y rendre et de malgré tout « tenter sa chance ». Il est interrompu par Arturo qui lui propose de faire un tour en ville. Ils vont rouler et converser de longues heures jusqu’à ce que la voiture arrive à la destination de l’endroit préféré du jeune chauffeur. Là, Mariano et Arturo s’embrassent et sortent du véhicule. En plein air, au coeur de la nuit, éclairés par les phares de la voiture, ils s’offrent un moment de plaisir des plus intenses, chargé de passion.

Mise en scène très douce, petite musique romantique, grain à l’image qui nous donne l’impression d’être dans un vieux classique : l’atmosphère de « Uber Menschen » est toute en délicatesse. Bruce LaBruce casse les codes habituels du porn en racontant la trajectoire d’un homme dépressif prêt à en finir mais rattrapé par un garçon solaire.

Dans son costume rétro, lunettes sur le nez, Colby Keller nous rappelle tous ces personnages de professeurs vus dans des films à thématique gay. Typiquement le genre de protagoniste qui est dans la frustration. Sa fusion avec le personnage de Calvin Banks n’en sera que plus éclatante et libératrice. Une fois encore, ce qui séduit ici c’est une atmosphère unique, une très belle façon d’amener le passage explicite qui s’implique merveilleusement dans tout le reste. C’est juste beau à regarder.

Mais s’il y a bien une chose que l’on retiendra de ce film court hyper attachant et sensuel, c’est Calvin Banks. Déjà très troublant d’habitude chez Cockyboys, il est ici d’une beauté et d’un charme renversant. Il n’a jamais été aussi craquant et excitant  ! En mode Tadzio de « Mort à Venise » version moderne et plus âgé, il est un ange sexuel qui nous fait trembler. L’étreinte entre lui et Colby Keller est d’un érotisme à couper le souffle. Et ça n’en finit plus de nous en mettre plein les yeux jusqu’à des éjaculations puissantes et un bisous au sperme d’une tendresse et simplicité assez incroyables. Il y a quelque chose de très magnétique dans ce petit film tout chaud tout doux qui marque instantanément les esprits. Voir la bande-annonce.

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Le seul et l'unique rédacteur de POP AND FILMS :)

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